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Histoire synthétique 2/2
Son consentement au divorce que voulait obtenir d’elle son époux Henri de Navarre devenu Henri IV roi de France en 1589 après l’assassinat d’Henri III, fut le prix à payer pour permettre à Marguerite de Valois de revenir à Paris et d'y vivre en paix les dix dernières années de sa vie. Marguerite se réfugie au château de Carlat, en Haute Auvergne, où elle y séjourna du 30 septembre 1585 au 14 octobre 1586, puis elle prend la route de la Basse Auvergne au château d’Usson, en Auvergne. Les négociations commençées en 1592 pour lui faire accepter la dissolution de son mariage sont conclues en 1599. Marie de Médicis épouse par procuration Henri IV à Florence le 5 octobre 1600 puis se rend en France. Malgré son divorce, Marguerite de Valois conserve son titre de reine. Elle revient à Paris en 1605 ; elle meurt le 27 mai 1615.                     Armes du moyen âge : épée, hache, arbalète, marteau, masse. Henri IV avait triomphé de ses ennemis et le calme avait reparu dans nos montagnes et semblait devoir s'y maintenir lorsqu'une circonstance imprévue vint un instant y semer l'agitation. On était au printemps de 1602, la conspiration du maréchal de Biron venait d'être découverte; François-Jacques du Pouget-Nadaillac, seigneur de Morèze, capitaine-gouverneur de Carlat, inspira de la méfiance au roi, qui donna ordre à François de Noailles , son lieutenant-général en Haute-Auvergne, de procéder à son arrestation. Il jugea nécessaire de recourir à la ruse. M. de Morèze fut donc attiré a Aurillac, où il fut désarmé et retenu prisonnier au château de St-Etienne, le 29 mai. Ce coup, une fois frappé, M. de Noailles ne perdit pas un instant; il s'achemina vers Carlat dans le dessein de s'en rendre maître. Maquette de la forteresse de Carlat , projet entrepris en 1989 par des habitants de Carlat , terre modelée par Daniel Georgin , cuite et céramiquée par Geneviève Delbert . Marguerite d'Ouvrier, femme du gouverneur Morèze, refusa d'ouvrir les portes du château. Là fut conclu un traité portant : que le prisonnier serait rendu à la liberté sous la caution du baron d'Apchon; que la forteresse serait immédiatement évacuée ; que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre, c'est-à-dire, avec armes et bagages ; que MM. de Sales et d'Ouvrier de Celles, principaux officiers du château, seraient amnistiés; que Mme de Morèze se retirerait au château de Morèze avec sa famille et une escorte d'honneur de douze gentilshommes. Cette convention fut exécutée le lendemain, et M. de Noailles fit son entrée de prise de possession, accompagné d’un grand nombre de nobles. M. de laval, gentilhomme du Limousin, y fut laissé avec une petite garnison. Quant à M. de Morèze, il partit immédiatement pour Paris, se justifia complètement auprès du roi, qui lui rendit ses bonnes grâces et le promut au grade de mestre-de-camp. Ainsi se termina cette affaire qui avait  jeté un si grand émoi dans le pays, et tenu pendant quinze jours tous les esprits en suspens.           Décidé par le roi HENRI III en 1584 et retardé pendant près de vingt ans, HENRI IV ordonna en 1603 le rasement du château de CARLAT pour qu'il ne devint plus jamais une ombre au pouvoir et à la puissance du roi. La démolition commença pierre à pierre le 22 décembre 1603 avec une équipe de quarante maçons et se termina le 12 mai 1604. Rien ne fut épargné : les forts, l'église, l'hôtel des commandeurs, le palais Bridoré, tout fut précipité de la cime du roc dans les abimes qui l'entourent. L'écroulement de la forteresse symbolisa la victoire de la monarchie sur la noblesse indisciplinée.                             Chemin vers le rocher                                            croix à la peyreficade Un certain Desprats a décrit de façon synthétique la démolition des bâtiments : "La grande muraille du côté du bourg, qu'on appelait la Fausse Braye, qui avait deux toises de large sur deux cents de longueur, fut commencée d'être sapée et mise à terre (...) par quarante maçons. La tour noire et la tour du Gaittat qui étaient sur la pointe du rocher du côté d'orient furent [ensuite] commencées d'être sapées et mises à terre hors du rocher (...) par vingt cinq maçons. La muraille, les tours et les guérites du côté de septentrion furent abattues en même temps (...) celles-ci étaient plus ruinées par leur ancienneté et aussi plus faciles à démolir. L'église était fort ancienne et fut abattue en un jour par vingt maçons. L'appartement du chevalier commandeur de Carlat fut aussi rasé en fort peu de temps. L'hôtel Bridoré qui était le plus beau de la place fut [alors] rasé. Enfin, le tout jusqu'au Murgat fut entièrement démoli. Depuis il n'est plus resté pierre sur pierre sur le rocher ; il n'y a que quelques restes du Murgat qui subsistent encore ; c'était une place d'armes flanquée de plusieurs tours au pied du rocher pour en fortifier l'entrée".                Louis XIII                                Honoré II de Grimaldi En 1643, le comté de CARLAT est attribuée par LOUIS XIII au prince de monaco, HONORE II de GRIMALDI, par suite du traité de Péronne du 14 septembre 1641. Honoré II de Grimaldi, prince de Monaco, en Piémont, avait servi avec zèle les intérêts du roi Louis XIII, en Italie, et placé sa principauté sous la protection de la France, après en avoir chassé la garnison espagnole. C’est l’alliance française. En contrepartie de la perte de plusieurs terres considérables qu'il possédait dans le royaume de Naples et dans le Milanais, le Prince de Monaco reçoit des “Terres de France” : le comté de Carlat, en Auvergne, en fait partie. Cette terre tire un assez bon bénéfice de « ce changement de propriétaire ». N’appartenant plus à la Couronne, elle reste à l’abri des luttes internes du royaume et coule des jours paisibles sous l’administration monégasque. Honoré II de Grimaldi meurt le 10 janvier l662. A la révolution , les droits de la principauté sur le CARLADEZ sont supprimés. CARLAT et ses environs sur cette carte de CASSINI du 18ème siècle. Celle-ci constituait pour l'époque une véritable innovation.           Lithographies : Vue générale de CARLAT au 19ème siècle Le ficus du Rocher de Carlat peint par Pierre Marty Pierre Marty, en juillet 1892, dessine et peint une feuille et une figue du figuier qui pousse dans une anfractuosité de la paroi verticale sud du Rocher. Il note que cet arbre est sauvage, que son fruit est plus petit que celui des espèces méridionales gorgées de soleil. Spécialiste à la fois de paléontologie végétale et de géologie, Pierre Marty (1868-1940) alliait à ses brillantes qualités scientifiques des talents de peintre, d’écrivain et même de poète. (voir dessin ci-dessus). A la même époque, Camille Gandilhon Gens d'Armes, poète Cantalien (1871-1948) fit un superbe poême sur notre village : Carlat, au soleil couchant. Au Nord, les monts Cantal, bleus créneaux volcaniques. Tout à coup, dominant les gorges et les bois, Voici, fier à jamais du château d’autrefois, Carlat, plateau désert, sur des fûts basaltiques… Trente tours qui pointaient au ciel, comme des piques, Oriflammes au vent ! Fanfares des tournois ! Colosse féodal où se heurtaient les Rois, Il a connu, mille ans, des assauts frénétiques. L’Auvergnate énergie ardait sur ce haut lieu ; Le maître de Carlat n’obéissait qu’à Dieu. Tout a croulé… Le vent tourmente une herbe rousse. Mai, quand brunit le soir au creux du val béant, Le soleil, rouge archer qui s’enfuit dans la brousse, Brise ses flèches d’Or à ce tombeau géant.     Au début du XXe siècle, le rocher de Carlat appartient à des particuliers : Antoine Luc PIERRE, tailleur d’habits à Carlat et son épouse Jeanne FEL. Mr PIERRE décide d’exploiter la table du rocher en une carrière pour bâtir ou empierrer les routes. Exploitation des blocs de basalte au pied du rocher (15 mineurs sur cette carte postale)  Le rocher est menacé de voler en éclat ! Cette situation est intolérable pour nombre d’habitants, le rocher faisant partie du patrimoine historique du Carladès et du Cantal. La Société de Haute-Auvergne, par l’intermédiaire de son secrétaire Joseph DELMAS, archiviste à Aurillac, se hâte d’acheter le site, en 1911, puis elle le propose au Prince de Monaco. Une scène de la vie à Carlat au début du 20ème siècle (carte postale colorisée de l'époque) En 1914, le rocher de Carlat redevient monégasque, le Prince de Monaco renouant pleinement avec son titre de comte du Carladès. Il concède à la Société de Haute-Auvergne un bail de soixante ans (jusqu’en 1971). Cela permit de gérer au mieux la bonne préservation des lieux.            Le murgat avec statue Notre-Dame-des-Champs De nos jours, un escalier taillé dans la pierre nous permet d'accéder à ce rocher où nous pouvons encore deviner les traces des fondations et quelques vestiges du château. Au pied de l'ancienne forteresse, dans l'église Saint-Avit édifiée à l'initiative d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, régente de CARLAT et dame de CARLAT, nous pouvons admirer le retable du maître autel et un vieux panneau de bois daté de 1604 qui commémore le rasement du château. Aujourd’hui le prince Albert II de Monaco possède le site historique et touristique du rocher de CARLAT. Voici l'inscription sur le vieux panneau de bois de 1604 qui commémore le rasement du château  : " Par le commandement du très chrétien, très clément, très magnanime, très victorieux, très puissant, très admirable Henri IIII, roi de France et de Navarre, libérateur, père et restaurateur du roïaume, fut cette place démolie pour satisfaire aux voeux de ses bons subiets, estant Maximilien de Bétune, marquis de Rosni, grand-maître de l'artilerie, surintendant des finances et fortifications, et grand-voyer de France ; le sieur du Plessis, prévost ordonné par Sa Majesté pour faire le rasement, le fist accomplir le dernier mai M.VI.C.quatre."                                                      Plan de Carlat Napoléonien  1811 Plan de Carlat en 1888  L'avenir : une mission archéologique conduite par Laurent Agostino (Lyon II) a mis à jour les vestiges de l’église première de Saint Avit (VIIIe ?), de la maison templière du XIIe (au centre du plateau) et des soubassements du mur d’enceinte. En s’appuyant sur les récentes découvertes archéologiques, nous voulons surélever les soubassements du mur d’enceinte et des tours de défense de la forteresse, visibles sur tout le pourtour du sommet du rocher. Cela apportera une lecture immédiate du site. De plus, la construction d’un haut muret à l’identique, ancré dans le mur d’enceinte, garantira à la fois une sécurisation optimale et l’esthétique du lieu. Cette solution évitera l’installation d’un garde corps métallique peu seyant.             ruines du chateaux Le projet municipal de valorisation du site s’appuie donc sur ces découvertes et vise à réunir les conditions financières, juridiques et matérielles, d’une reconstruction du château sur le rocher de Carlat. Conscient que c’est une question de volonté et de temps, les élus n’écartent aucune piste pour obtenir la faisabilité concrète du projet (financements publics et privés, travaux de recherches approfondies d’historiens et d’archéologues). Rapidement le maire va contacter le propriétaire des lieux le prince Albert de Monaco, puisque le rocher appartient à la famille Grimaldi, avec une priorité: la reconstruction du mur d’enceinte pour sécuriser le site. Imaginons simplement le point fort touristique que deviendra Carlat si le projet aboutit.
CARLAT
CARLAT a donné son nom au pays du Carladès ou Carladez dans le Cantal et l’Aveyron